Gilles BERQUET

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans les années 90s, Gilles Berquet se fait remarquer par des photographies empreintes d’une forte charge sexuelle. Elles montrent le plus souvent le corps féminin fétichisé, sous une forme sciemment théâtralisée qui les rend étrangement équivoques. 

“L’image du corps telle que la confectionne Berquet tend à décevoir le voyeur, ce frère jumeau et maudit de l’amateur d’art, et c’est bien en cela qu’elle est une œuvre d’art, et non tout bonnement une image pornographique” (Paul Ardenne - Figures de la sexualité dans l’art des années quatre-vingt dix).

D’une façon générale, Berquet ne cherche pas tant à reproduire la réalité qu’à la mettre en scène. En d’autres termes, il ne “prend“ pas des photos comme la plupart des photographes mais les fabrique. Il emprunte volontiers aux romans d’aventures, à la bande dessinée, au cinéma ou à la télévision, leurs personnages ambivalents prêts à être réactivés l’espace d’une prise de vue. Dans ses récentes séries de paysages (Paysages Romantiques, Fin provisoire d’autoroute, les Experts) il puise dans l’univers cinématographique et télévisuel, des images tout à la fois malaisantes et merveilleuses qui nous tiraillent sans cesse entre la peur et le désir : Décors de fin de monde, ou désespérément romantiques, raccourcis qui ne mènent nulle part, personnages interlopes, mobile homes précaires d’où s’échappent des lueurs rougeoyantes ; autant d’éléments familiers qui sont à l’origine de nos pires cauchemars ou de nos plus inavouables fantasmes.